*
Un matin. Il y a presque deux ans de ça déjà. Mon réveil sonne. Je me lève comme une automate. Les gestes connus par coeur, les uns après les autres. Je le sentais, tu allais me quitter. Une boule enorme dans la gorge. Je descend à la cuisine. Y à plus de café. Il n'aura fallut que ça pour que mes nerfs lache. Mes yeux se brouillent. C'etait loin d'être gagné. Mais je me l'étais promis. A moi. D'être forte. Je compte les minutes qu'il me reste avant que tu te connecte. Et a quelques minutes près j'ai qu'une envie : retourner en arrière, me jeter sur le lit, ne plus bouger. La peur me broye le ventre. Tu fini pars arriver. Tu viens me parler. Je me souviens avoir eu le coeur qui s'accelerait. Et la peur de m'en prendre plein la figure. Je sais qu'elle est là, dans tes bras, mais je la vois pas. C'est pire. Ou pas. Sur ton avatard y a sa bouche sur la tienne, je vois que ça. Ça m'explose aux yeux. Ça me crie votre bonheur à la gueule. Je le jure, que quand j'ai vu vos lèvres, j'ai plus vu que ça. Lumineux. Ca saute à la gorge. Tu propose nos cams, j'essaye de sourire. Mais je veux pas te voir. Surtout pas. Tu me fais un petit signe, je refuse de repondre. Tu me demande pardon d'être aussi brutal. Je veux pas d'excuses, on s'excuse pas d'être heureux. Je ferai pas semblant de te pardonner. Tu parle quand même, tu vois mes larmes. Avant, ça faisait craquer tes armes. Plus maintenant. J'ai de la faiblesse pour deux, t'en fais pas. M'en veux pas, me dis-tu. Je suis amoureuse. Moi aussi. De toi. C'est bête hein ? Mais j'ne t'es rien dis sur le moment. Au lieu de ça j'ai dis "reste avec elle t'inquiete pas ça ira. M'enlève pas le peu de fierté qu'il me reste." Y a rien qui sortais, rien de ce que je voulais te dire. Tout étais bloqué sur une image. Sa bouche sur la tienne. Qu'elle embrasse tendrement. La mienne elle tremble de mal. Je me deconnecte sans explication. Tu comprendras. Ou pas. Je m'en fiche. J'ai jamais eu si mal. Je regarde nos photos. Nos mains, ta bouche, ton nez, tes yeux.. Et rêve de te les arracher.. Bientôt deux ans déjà et tu as voulu me revoir. J'ai accepté, par faiblesse ou dépit peut-être, on ce voit. Je te dis que je ne t'aime plus, je veux que tu comprenne. Que tu arrête de me dire que j'ai des larmes plein les yeux. J'ai des cris plein le coeur et toi tu rie. Je sais pas si c'est parce qu'e tu ne me crois pas, ou parce que tu te moque de moi. Je m'en fou. Tu es pas si importante. Je vis pas pour toi. Pas du tout. Ca n'a jamais été ça. Je veux que tu arrête de passer tes doigts sous mes yeux. Elles sont bien là, mes larmes. Elles ce libèrent. Je n'veux pas que tu t'occupe d'elles. Je veux que tu me laisse parler. Ne me dis pas qu'avec les sanglots tu ne comprends rien. Y à rien à comprendre. Je ne t'aime plus. J'ne veux pas que tu dise que c'est un coup de tête, ni que tu me prenne pas dans tes bras. J'ai promis de ne pas craquer. Je t'aime plus. Je voulais pas crier, je voulais pas pleurer. C'est toi qui m'oblige. Tes yeux, c'est juste la faute de tes yeux. Je crierai plus fort si il le faut. Je ne t'aime plus. Je ne t'aime plus. J'ne veux pas que tu dise que ma voix est cassée, que j'ai du maquillage jusqu'au menton. Je le sais, n'en rajoute pas. J'ne veux pas que tu essaie de me faire rire. C'est pas toi qui y arrivera. Pars, Pars c'est tout ce que je veux. Je ne t'aime plus, et toi tu ne veux pas comprendre. C'est pas mes larmes qui y changeront quoi que ce soit. Je t'aime plus. Faut que tu t'en ailles, je vais devenir méchante et commencer à tuer nos souvenirs. J'ai pas envie. Je t'aime plus c'est tout. Laisse moi ! J'ai hurlé cette fois. Ca m'as fait mal. Et je me suis envolée en te laissant toutes mes
larmes sur la conscience..
*